Le siège de la communauté de commune est « PassivHaus »

Le nouveau siège de la Communauté de Communes du Haut Pays Bigouden (CCHPB), inauguré la veille, faisait l’objet d’une opération « portes ouvertes » le 24 juin 2017.

L’architecte concepteur de l’opération de rénovation et extension a présenté le projet et sa réalisation. Il a ensuite fait visiter les locaux au groupe (une quarantaine de personnes) d’auditeurs.

Cette présentation, et la visite qui a suivi, ont été très intéressantes car elles offraient un autre regard sur la conception de bâtiments à haute performance énergétique. A priori, cet éclairage vaut aussi bien pour des bureaux que pour des logements collectifs ou individuels.

Le siège de la CCHPB, un bâtiment à très faible consommation d’énergie

Un bâtiment Passivhaus obtient le label lorsqu’il a des besoins de chauffage inférieurs à 15 kWh par mètre carré et par an. Pour comparaison, la valeur réglementaire (RT 2012) limite cette consommation d’énergie à 50 kWh/m²/an.

Lorsqu’on fera le bilan des dépenses d’énergie du bâtiment de 700 m² dans un an, on constatera qu’il aura fallu 900 € d’électricité pour le chauffer et le rafraichir ! C’est la dépense ANNUELLE prévue, alors même que les radiateurs sont basiques (des « grilles pains ») ! Et le bâtiment restera frais l’été alors même qu’il ne contient aucun climatiseur.

Les tests d’étanchéité à l’air ont été réalisés. Ils sont largement inférieurs aux normes.

Ce bâtiment va être certifié Passivhaus prochainement. Ce sera le troisième dans le Finistère, après une maison d’habitation et le local professionnel d’un dentiste. Et ce sera le premier ensemble de bureau à être certifié dans le Finistère.

Des choix de conception intéressants

L’architecte, Pierre BRULE (cabinet Brulé Architectes Associés) et le thermicien Guillaume TOBIE (bureau d’étude Batitherm Conseils) ont présenté les principes simples qui ont guidé l’ensemble des opérations, de la conception du projet à sa réalisation, en passant par la sélection des matériaux et des prestataires :

  • Privilégier le confort des occupants ;
  • C’est la qualité de l’air intérieur qui fait la performance énergétique et le confort ;
  • les performances doivent être pérennes, durer longtemps ;
  • il vaut mieux faire intervenir des prestataires locaux et la conception doit tenir compte des compétences locales ;
  • il faut utiliser les matériaux les plus performants sur le plan écologique, mais en tenant compte des contraintes économiques et des lieux de production ;
  • La conception sur plan ne suffit pas, c’est l’attention à tous les détails qui fait la réussite du projet. Chaque point particulier (un angle en particulier) doit faire l’objet d’une analyse précise et d’un échange avec l’entreprise de pose pour en vérifier la faisabilité ;
  • La réalisation par des prestataires qualifiés ne suffit pas, chaque détail compte aussi. L’architecte et ses partenaires doivent être très présents pour s’assurer de la mise en œuvre précise de leurs prescriptions, pour régler les problèmes pratiques.

Une approche originale pour garantir le résultat dans la durée

La norme RT 2012, obligatoire depuis 2013 sur toutes les nouvelles constructions, vise seulement un niveau de consommation d’énergie par mètre carré. L’approche « construction passive » va beaucoup plus loin puisqu’elle vise simultanément la pérennité dans le temps, l’hygiène et le confort pour les occupants. Il s’agit de réduire la consommation ET de prévoir un bon confort thermique ET une bonne hygiène de l’air ET l’absence de condensation ou de moisissures dans l’isolation (qui nuit à la qualité d’isolation au fil du temps).

Le bâtiment de la CCHPB ne recoure pas à des technologies sophistiquées pour en assurer le bon fonctionnement. C’est un premier gage de pérennité. Le seul élément technique est le système de ventilation double flux (qui rafraichit l’air entrant en été, le réchauffe en hiver, pas un simple échangeur). Il faut en changer le filtre une à deux fois par an.

Le résultat à moyen et long terme tient en fait à deux secrets :

  1. le confort des occupants a été privilégié et la conception tient compte des modalités d’utilisation des locaux. C’est ainsi que le sas d’accueil a été l’objet de beaucoup d’attentions pour que les accès nombreux se fassent sans détérioration de l’ambiance intérieure. C’est ainsi aussi que la plupart des ouvertures vitrées sont en triple vitrage (pas de sensation de froid à proximité) et pourvues de brise-soleil fixes et confortables.
  2. tout a été pensé pour qu’il n’y ait pas de condensation à l’intérieur des isolants. Le volume d’air intérieur est renouvelé toutes les heures pour le confort, mais aussi pour évacuer l’humidité générée par les occupants et leurs activités. La conception, mais aussi la réalisation, ont été passées au crible pour éliminer tous les petits détails qui provoquent des ruptures de pont thermique ou l’entrée d’air extérieur dans les isolants. Ainsi, au fil du temps, les isolants ne se gorgeront pas d’humidité et conserveront leurs propriétés initiales.

En fait, la seule chose qui pourrait évoluer, c’est l’étanchéité des fenêtres et portes. Bien que la sélection des menuiseries se soit faite sur un cahier des charges très exigent pour la rigidité des cadres, leur fonctionnement peut générer des petits passages d’air. Si la consommation d’énergie venait à augmenter, il suffirait de les faire régler de nouveau pour en rétablir l’étanchéité.

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